Sixtine Jacquart

Prix de la Jeune Céramique 2018

Pour la première fois cette année, les kerAMIS, l’association des amis de Keramis, ont lancé un appel à candidature pour le Prix de la Jeune Céramique.

Composition du jury :

- Caroline Andrin, professeur de céramique à La Cambre,

- Stéphanie Boulet, responsable des collections Keramis,

- Charlotte Coquen, artiste en résidence en 2017,

- Michel De Visscher, en tant que président de l’association des amis de Keramis,

- Ludovic Recchia, administrateur délégué.

L'annonce du lauréat du Prix de la Jeune Céramique 2018 a été dévoilé le samedi 3 février 2018, lors du vernissage de l'exposition de Charlotte Coquen. La céramiste, Sixtine Jacquart est la lauréate du Prix de la Jeune Céramique 2018. Elle se voit donc offrir une résidence à Keramis.

Voir l'Appel à candidatures 2018

 

Sixtine Jacquart

Lauréate du Prix de la Jeune Céramique 2018

"Ma recherche propose une sorte de détournement de notre environnement et d’une série d’objets qui lui sont intrinsèques. En extirpant des fragments de forme et de fonction d’objets, des fragments d’ambiance environnante, un jeu d’assemblages est opéré où se confrontent entre eux des paradoxes, des liens et des évidences. Sont empruntés aux objets qui m’entourent leurs potentialités à évoquer l’intime, c’est à cette fin que j’extrais d’un objet sa proximité physique ou sensible au corps. Sont également empruntés à mon environnement sa logique, ses obsessions, ses transpirations, ses perversités, que j’interprète en langages visuels.

C’est ainsi que mon univers est imprégné d’une proximité visuelle avec l’ambiance sécuritaire, les modes d’emplois, les notices, l’univers médical aseptisé, l’objet inutile, les kits de gadgets, la cosmétique, etc. En découle le fait que l’objet dans ma recherche est un objet constamment en mutation. L’outil devient prothèse, la prothèse le reflet d’un symptôme, etc.

L’objet est ainsi chargé de différents sens lui permettant d’être lu sur plusieurs plans et dans plusieurs temps. Il a la faculté d’être à la fois reconnaissable, car emprunté à du réel, ainsi qu’à l’inverse totalement étrange, car incarné dans son énigme sensuelle. Il s’échappe constamment en dehors de son évidence. L’objet devient à la fois gênant et attirant, séduisant et pervers. L’ambiguïté de ces opposés laisse alors place à un trouble.

La porcelaine joue un rôle important dans mon travail, car sa force fossilisée est capable de faire jaillir le passé, et si celle-ci s’accouple à sa frigidité stérile, ensemble ces deux caractéristiques sont aptes à faire coexister deux temps (l’ancien et le nouveau). Cette confrontation génère une tension supplémentaire. La juxtaposition des différentes matières qui constituent l’objet dans son entièreté cherche à confronter les matériaux afin qu’ils se révèlent entre eux, l’utilisation du plastique ou du silicone me permet de connecter l’objet à maintenant. La manière dont sont montrés les objets fait partie intégrante de l’objet. Le dispositif de monstration est pensé et créé en étant soumis à la même approche que l’objet. Qu’il soit accroché et/ou emboîté comme un outil, montré sous forme de gestes (performé), isolé d’un contexte, ou au contraire resitué dans un contexte intime, il demeure un ensemble interpellant le corps dans ses conflits, en proposant une mise en relation du corps intime (intérieur) et du corps social (exté- rieur). Ainsi est révélé autant une part de mystère qu’une part de conditionnement." Sixtine Jacquart