Morgane Deffense s'expose

L'œuvre de Morgane Deffense questionne l'objet du quotidien. Délicate, altérable, fragile, elle nous dévoile univers l'univers de son auteure. Par cette invitation personnelle, chaque pièce produite se voit émerger de l'imaginaire de l'artiste. Transformé, l'objet se devient une invitation au voyage. En détournant et en questionnant l'objet, la jeune céramiste sublime la banalité pour évoquer un souvenir perdu. Tantôt proche, tantôt lointain, le souvenir que nous avons tous des objets qui nous entouraient à un moment
de notre vie joue ici un rôle catalyseur. Morgan Deffense présente une myriade de petites choses détournées, parfois accumulées en série. Leur véritable sens est remis en question par la répétition. Par le
transfert d'un matériau à l'autre, l'objet acquiert un nouveau visage, celui d'une autre réalité tranquillisante.

Posées à même le sol, ces pièces s'affirment comme le résultat d'un procédé technique singulier : à l'aide de latex et de caoutchouc, Morgane Deffense capture l'empreinte des choses. Les dernières en date sont des anciens lustres à peine reconnaissables. Une fois un moule réalisé, elle le détourne encore pour en exploiter diverses possibilités formelles. La main tout comme le regard s'affirme progressivement au contact de la matière. Entre songe et rêve.

L'investissement d'un lieu est également propre à cette dynamique de transformation. Morgan Deffense n'isole pas ses objets mais les intègre dans des installations qui accentuent la distance entre l'art et le cadre domestique d'où est issue sa matière première. Ces installations entendent susciter l'interaction avec le public qui découvrira peu à peu cette caractéristique.

Depuis la fin de sa formation à La Cambre en 2009, Morgane Deffense enseigne à l'Académie des Beaux-Arts et des Arts décoratifs de Tournai et l'Académie des Beaux-Arts d'Arlon. Après une série d'expositions collectives, dont récemment Objet – Contre-Objet réalisée au musée Ianchelevici, l'artiste continue ses recherches via d'autres media que la céramique. La substance molle et le détournement de l'objet usuel restent cependant, encore aujourd'hui, au cœur de sa réflexion.

 

Quelques pièces exposées

Photographies M. Lechien, portrait de Bernard Boccara