Margareta Daepp

Marunouchi-line, Shinjuku-line et Oedo-line sont trois lignes du métro tokyoïte. L’utilisation de ces appellations pour les trois projets de la série Tokyo-line de Margareta Daepp est en soi, bien sûr, une invitation au voyage. Elle est aussi l’affirmation de l’identité de son travail liée, dans ce cas précis mais pas seulement, à la prise en compte de comportements contemporains associés à la notion d’hyperurbanité que symbolise, justement, le métro de Tokyo.

Dans la partie inférieure de ces contenants, le plan du métro tokyoïte devient motif décoratif mais aussi prétexte à une pérégrination imaginaire. Dans la partie supérieure, l’aspect «laqué» évoque une technique japonaise où la notion de temps s’oppose radicalement à la vie stressée de l’«homo urbanus».

Dans ce projet, comme dans Souvenir-CH, c’est à une géographie des rêves, et donc bien particulière que nous convie Margareta Daepp. Si les rames d’un métro japonais peuvent amener à la découverte d’un Japon rêvé, hors du temps accéléré de notre société contemporaine, les modes de transport quels qu’ils soient permettent, malgré tout, de rares moments privilégiés aussi fugaces qu’inattendus symbolisés par la fameuse et si savoureuse «pause-café».

Le projet Souvenir-CH consiste en tasses accompagnées de sous-tasses à café décorées de cartes géographiques de régions suisses montrant les incontournables d’une visite. Un moment de détente se transforme en une balade imaginaire, une pérégrination guidée par une cartographie bien réelle mais volontairement fragmentée et tronquée, qui n’est plus qu’un prétexte à une rêverie nonchalante.

Yves PELTIER

 

 

Pièces exposées

Photographies Dominique Uldry