Laura Katalina Kossack expose pour Keramis

Laura Katalina Kossack expose trois projets présentés lors de son jury de fin d’études à l’ENSAV de Bruxelles (La Cambre) en 2014.

Son installation "La Grande Armée" est un ensemble de théières en terre rouge de Westerwald, produites artisanalement en série (800 ex.). Ces théières sont d’un genre surprenant : leurs anses et leurs becs verseurs sont des crosses et des canons de revolvers. « Une de mes préoccupations en tant que femme-artiste est la réconciliation des opposés ». Ici, la relation détendue qu’inspire le thé bute contre la violence de l’arme à feu. L’eau et le feu, la paix et la guerre, le sang et la vie se marient ici. La jeune artiste est née dans la Hongrie communiste des années 1980 où cohabitaient des sentiments opposés à l’égard de l’Ouest.

Laura Katalin Kossack a choisi un objet assez banal, symbole d’une violence sociale puisqu’il est produit à bas prix en Asie et qu’il inonde le marché européen en tuant son industrie. Dans son cas, fabriquer une théière par coulage dans un atelier d’artiste relève d’une contradiction assumée par laquelle elle enrichit son propos.

 

Avec "Souvenir de la grande armée", Laura Katalin Kossack ne remet pas en question le devoir de mémoire envers la Première Guerre mondiale dont on commémore le Centenaire, elle s'interroge sur la commercialisation de cette guerre et son absurdité. « J’ai utilisé la technique de la décalcomanie à l’or fin que j’associe au prestige de l’uniforme et à une élite condamnée à la répétition des conflits ».

Au travers de son installation "La guerre est morte", Laura Katalin dresse un champ de bataille dont les belligérants sont représentés par des moulages de pistolets en porcelaine aux teintes douces. La dureté de l'objet ainsi détourné, les ennemis de hier se réunissent sur fond d'arc-en-ciel qui nous renvoie à nos émerveillements d'enfance.

Dans le sens de l’objet précédent, l'artiste dévoile, en un seul exemplaire cette fois, "Vaincre sans combattre", un soliflore qui marquera les âmes sensibles. A découvrir dans l’Espace à Voir du CCRC du 20 octobre au 12 décembre.

 

Retrouvez Laura Katalin Kossack sur www.laurakatalinkossack.com/fr/accueil

Photographies Victor Duchene et Lajos Apati-Nagy