Johan Creten

Il est impossible de rester insensible à l'oeuvre de Johan Creten. Exposé à l'occasion de la Biennale ARTour 2007 au Musée royal de Mariemont, dans l'exposition "Johan Creten. Tour des Forces", son oeuvre - dans la veine maniériste naturaliste du XVIe siècle- avec son goût des émaux, des reliefs... mais surtout avec les messages qu'elle renvoie, est délicieusement provocatrice.

Installées dans le Musée même mais aussi dans le parc, ses pièces entrent en dialogue avec les collections et se justifient par la dimension référentielle et conceptuelle de son travail. Le dialogue instauré est percutant, jamais gratuit...

Son oeuvre, éminemment sociale et politique -l'art étant pour lui une composante du discours démocratique-, reste dans la recherche d'une esthétique emprunte de classicisme. L'ensemble de son oeuvre dégage un parfum résolument postmoderne.

L'artiste renvois aux clichés, références mythologiques et symboles, qu'il emploi, ou détourne, comme autant de moyens permettant de récrire la mythologie et un discours nouveau : son aigle, dans "Eagle with eyes - The price of freedom is eternal vigilance", met en garde contre la réappropriation des symboles. Ses références, multiples, sont autant d'allusions, tant à l'antiquité européenne, aux références des peuples non-européens, qu'à la culture Pop Rock avec son "Why Does Strange Fruit Always Look So Sweat?" Tandis que son "Odore di femmina" nous plonge au coeur de la sexualité et marque la limite fragile entre Eros et Thanatos, le Beau et le Laid, la fécondité, le mystère du corps féminin et la sourde angoisse qu'il fait naître...

Autre composante de son travail : la création de psychodrame visuel dont le résultat est une domination du psychique sur l'esthétique. Ainsi, avec l'installation de son "Strange Fruit" près de l'Arès Somzée, Johan Creten creuse l'écart entre la recherche du Beau et l'option esthétique inverse, dualité et coexistance d'Eros et Thanatos, de la sensualité et de la mort. Toutefois, l'ironie présente dans son oeuvre détourne souvent du tragique.

L'oeuvre attire donc par son mystère, sa beauté classique, son sens de la dérision, elle repousse par sa trivialité ou encore par la dureté des sens cachés. Bien que largement dominée par la céramique qui offre la liberté du grand format, elle est d'abord celle d'un sculpteur...

Expositions personnelles (sélection)

  • Collections publiques présentants des pièces de Johan Creten
  • Bass Museum of Art, Miami Beach, Florida-USA
  • FRAC Languedoc-Roussillon, France
  • FRAC des Pays de la Loire, France
  • FRAC Auvergne, France
  • Fonds Municipal d'Art Contemporain, Paris, France
  • Provinciaal Museum voor Modern Kunst, Ostende, Belgique
  • Collection du Ministère de la Communauté flamande de Belgique
  • Collection Musée royal de Mariemont, Belgique

Photographies de Michel Lechien et portrait de Alain Breyer.