Historique du projet

1985

Suite à une importante faillite en 1985, les pièces du musée d'entreprise - des œuvres d'art créées pour des grandes occasions (participations à des expositions commerciales ou artistiques) ou simplement d'inestimables témoins de la production industrielle – sont vendues. La Communauté française délègue une conservatrice du Musée royal de Mariemont pour un avis sur les pièces à conserver. La Communauté et la SRIW acquièrent environ 1100 objets. Les archives historiques sont par contre en grande partie jetées sans crier gare par containers entiers. Heureusement, il subsiste des archives, propriété de la Fédération Wallonie-Bruxelles, conservées inopinément à l’Ecomusée de Bois-du-Luc. De nombreux témoignages matériels présents sur le site disparaissent ensuite avec le temps, faute de vigilance.

A l'aube de 1990...

L'idée d'un musée sur le site Boch émerge avec un groupe de passionnés, menés par Baudhuin Pringier (ancien conseiller au cabinet du ministre Wathelet), qui mettent sur pied une «Fondation Boch Keramis pour l'étude de la céramique wallonne et bruxelloise». Ils publient une revue, organisent des modestes expositions, des conférences, des rencontres de collectionneurs et installent un petit espace muséal sur le site. Plein d'optimisme, ils annoncent d'emblée le lancement d'un concours d'architecture pour «dégager les meilleures solutions d'intégration d'un tel écomusée dans l'environnement louviérois». La vie de cette association est éphémère. En 1994, l'entreprise prend le relais et recrute un historien dont la mission est de valoriser ce riche passé. Pour la première fois, les trois derniers fours-bouteilles du site sont ouverts au public lors des Journées du Parimoine. Plus de deux mille personnes s'y rendent. En 1999, Emmanuelle Béart et Charles Berling tournent «Les destinées sentimentales» d'Olivier Assayas sur ce site authentique des vieux fours.

1998

En 1998, avec la disparition de Novoboch et la vente de terrains appartenant à Royal Boch, la Ville de La Louvière souhaite éviter le développement d'un chancre en plein coeur de la cité. Dans le cadre d’une nouvelle restructuration de l’entreprise, le bâtiment administratif prestigieux de la faïencerie est vendu et détruit pour un projet de construction d'un nouveau cinéma (projet Pescatore abandonné ensuite). C’est une hérésie sur le plan patrimonial car il contient des murales en faïences polychromes de Raymond-Henri Chevallier. Un plan communal d'aménagement (PCA) vise dès lors à la réhabilitation complète du site industriel de 16 ha et son insertion dans une nouvelle trame urbaine. Il est envisagé que l’entreprise occupe des locaux mieux adaptés grâce au soutien d’Objectif 1 et qu’un musée soit installé autour des fours-bouteilles.

2000

En 2000, Frédéric de Mévius et Diane Hennebert jettent les bases de la Fondation Boch Keramis nouvelle mouture. Sa mission étant de collecter et d’étudier les traces du passé, d’organiser des expositions, de publier des études et de rééditer des objets anciens grâce au savoir-faire toujours présent dans l’entreprise. Outre les actions de collecte d’objets et de documents, la Fondation Boch Keramis milite aussi pour le classement de l’édifice désaffecté contenant les trois fours-bouteilles, témoignages exceptionnels de la technologie de cuisson des produits céramiques (faïence, grès) du XIXe siècle.

2003

Un arrêté ministériel du 25 août 2003 ordonne le classement de certaines parties de la manufacture, de trois fours-bouteilles et du bâtiment qui les abrite, ainsi que de l’atelier, situé au sud des fours-bouteilles. Invité à participer dès 2003 au conseil scientifique de la Fondation Boch Keramis, le Musée royal de Mariemont suggère un partenariat avec la fondation pour la création d’un centre plus ambitieux qui deviendrait le Centre de la Céramique de la Communauté française. Le projet obtient immédiatement le soutien de la Ministre de la Culture et de l’Audiovisuel de la Communauté française Fadila Laanan.

2009-2010

Le 19 mars 2009, l'Assemblée Générale constitutive de Keramis - Centre de la Céramique de la Communauté française est fondée. Le 3 avril 2010, un jury sélectionne 5 bureaux (Holoffe & Vermeersch Architecture, Coton De Visscher/Le Lion/Nottebaert-Vincentelli Architectes, Atelier d'Architecture Georges Eric Lantair, C-NrGy et L'Escaut-Bauwers) qui participent à la deuxième phase de la sélection de l'auteur de projet. Le 29 septembre : un jury est mis sur pieds et choisit comme auteur de projet l’équipe « Coton – De Visscher - Lelion - Nottebaert - Vincentelli Architectes ».