Terres confluentes

L’exposition fait le point sur la significative mais très méconnue production de faïence et de porcelaine à Saint-Servais (Namur) aux 18e et 19e siècles.

L’histoire de la faïence namuroise commence avec la tentative avortée de Jean Bastin d’y installer des ateliers en 1672. Durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le potier Pierre-Philippe Decoux (1723-1790) se fait lui remarquer avec des pièces luxueuses, produites dans son atelier du faubourg Saint-Nicolas.

C’est cependant à Saint-Servais-Lez-Namur, entre 1773 et 1783, que le Lorrain Nicolas Claudel entame le premier chapitre de ce qui deviendra la véritable épopée de la céramique namuroise. Il produit du grès d’Angleterre et de la faïence fine, entrant dès lors en concurrence avec François-Joseph Peterinck à Tournai, fondateur de la célèbre manufacture de porcelaine. Ne donnant pas satisfaction à ses actionnaires, l’entreprise est vendue en 1783. L’aventure ne s’arrête pas là puisque plusieurs familles (les Bastin, Misson et Ortmans) se succèdent à la tête de la manufacture sans interruption jusqu’en 1894 !

L’exposition, qui rassemble une centaine de pièces de toutes les périodes, démarre au Musée royal de Mariemont. Les collections de faïences stannifères et de porcelaines de pâte tendre produites à Tournai permettent d’ancrer la production namuroise dans l’univers de la céramique du 18e siècle.

Keramis, le Centre de la Céramique de la Fédération Wallonie Bruxelles propose un complément à l’exposition de Mariemont. A travers une sélection de pièces, on y montre dans quelle sphère concurrentielle se situe la production namuroise lorsque les frères Boch décident de produire industriellement de la faïence fine feldspathique à La Louvière.

Saint-Servais a également eu une abondante production de sujets (groupes ou figures religieuses) en porcelaine dure dont les attributions sont désormais consolidées. Enfin, les pâtes noires attribuées traditionnellement à Namur font l’objet d’une démonstration particulière en vue de leur requalification.

En prenant ses quartiers dans deux musées, l’exposition propose deux regards confluents sur les réalités des industries d’art à l’aune de la révolution industrielle.

CATALOGUE

L’exposition est accompagnée d’une publication dont les textes sont tirés d’une vaste étude menée par Dominique Marcoux, spécialiste de l’histoire faïencière belge.

INFOS PRATIQUES

Dates : 11 novembre 2017 au 18 février 2018

Lieux : Musée royal de Mariemont, 100 chaussée de Mariemont, 7140 Morlanwelz et Centre Keramis, 1 place des Fours-Bouteilles, 7100 La Louvière.

 

Commissariat : Ludovic Recchia avec la collaboration de Dominique Marcoux