Isidore De Rudder

Issu d’une famille d’artistes d’origine gantoise, Isidore De Rudder est statuaire de formation. Comme sculpteur, ses œuvres se raccrochent alors aux tendances de son époque (néoclassicisme, romantisme, réalisme, italianisme, symbolisme) en faisant preuve toutefois d’inventivité. De Rudder est assoiffé de découvrir des procédés et des matériaux bon marché qui pourraient ne plus faire dépendre les sculpteurs du prix, de l’approvisionnement et de la lenteur d’exécution des blocs de marbre tout comme des fonderies de bronze. Il perçoit, sans doute le premier, les possibilités offertes par la céramique à la fois pour créer des pièces décoratives et pour ornementer les façades des bâtiments.

Après une collaboration avec la firme de porcelaine Vermeren-Coché d’Ixelles, il produit chez Boch à La Louvière  vers 1900, une série de masques de Hollandaises en coiffe traditionnelle dans un style très. Pour Boch toujours, il exécute un immense vase en grès de 1,80 mètre de haut, aujourd’hui exposé dans le grand hall du Petit Palais à Paris. Il était parvenu à un grand degré de maîtrise dans la céramique décorative de grand format.

Au total, De Rudder aura conçu une cinquantaine de masques décoratifs, que ce soit pour Vermeren-Coché, Boch ou Müller, et ce entre 1892 et 1900. Plusieurs de ses masques (Gröningen, Pax...) sont encore présentés à l’exposition de Turin de 1902 dans le studio d’artisan que Sneyers et Crespin ont conçu pour rendre hommage à l’architecte Hankar, dont la dernière oeuvre architecturale est d’ailleurs un agrandissement de l’atelier d’artiste d’Isidore De Rudder, rue de Hennin à Ixelles.